| La Permission |
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Texte de présentation de l'éditeur. Couverture de l'édition originale. |
Critique
Roger Dumont, 17 février 2001, La République des Pyrénées.
Il n’est plus possible de regarder autour de soi avec sérénité quand on émerge de ce livre. Livre d’amour et de haine où sont décryptés les différents protagonistes et l’héroïne elle-même : Brigitte Lozerec’h qui va toujours plus loin dans les linéaments qui trahissent une révolte pure et dont certains aspects sont comparables aux recherches vertigineuses de Proust relatives à son passé.(…)
L’originalité, l’acuité du regard porté sur les êtres et les choses nous valent un ouvrage qui est sans doute le plus accompli, le plus exigeant des romans d’amour. Je n’hésiterais pas à le qualifier de chef-d’œuvre.
Mot de l'auteur
J’avais la cinquantaine lorsque l’Affaire Dutroux a éclaté en Belgique. J’ai lu et entendu beaucoup de journalistes commenter le cas des enfants abusés. Chaque fois, au plus intime de moi, la voix de la petite fille que j’avais été s’élevait comme pour me demander de « parler juste », car eux, parlaient « à côté », le plus souvent. Je ne pouvais m’exprimer qu’en mon nom.
Avec le recul de l’âge et les témoignages que j’avais reçus depuis la publication de l’Intérimaire, j’étais en mesure de mettre en perspective le processus qui avait mené ma propre famille à la déviance, ce que j’avais à peine effleuré dans l’Intérimaire.
Cette fois, j’avais la caution de ma mère, après quinze ans de rupture. Elle était veuve désormais et comme libérée. Devant les photos de la « Marche blanche » que nous regardions, elle a frappé du poing sur la table et m’a lancé : « Fais-le ! » Elle acceptait dans un élan de colère que je compromette sa famille.
J’aurais aimé que tous les médecins, les avocats et les juges lisent ce livre pour mieux déceler les dérives intimes d’un enfant écrasé par un poids qu’il ne sait pas nommer.




Il est long, sinueux, épineux le chemin qui mène au pardon. Parce que ma mère m'a demandé pardon au seuil de ses quatre-vingts ans, après m'avoir emprisonnée à l'âge de dix ans dans le mensonge, j'ai pu enfin commencer à m'appartenir, à l'approche de la cinquantaine. Jusqu'alors, j'étais ligotée par le honteux serment de garder le silence sur la faute que j'avais partagée avec mes trois grands frères...